
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Un délai ? Oui. Un répit ? Non. En reportant de deux ans la date butoir à laquelle la France doit avoir ramené ses déficits publics en dessous de la barre des 3 %, l’Union européenne n’a fait que constater l’incapacité du gouvernement Hollande-Ayrault à faire passer contre-réformes et mesures d’austérité aux rythmes et à l’échelle nécessaires.
Mais ce délai, souligne le commissaire européen Olli Rehn, doit servir à aller plus loin sur « le marché du travail, le système de retraites et l’ouverture à la concurrence ». Aussitôt, Marisol Touraine annonce que, sur les retraites, les esprits doivent se préparer à « des efforts pour tous les Français »…
Pourtant, ce délai inquiète Les Echos, qui y voient « un cadeau empoisonné ». Le quotidien du capital financier donne en exemple les mesures brutales imposées au Portugal, en Espagne, en Italie et en Irlande et se demande quand le gouvernement français va-t-il se décider à faire de même ?
Mais Les Echos le savent bien : aligner maintenant, tout de suite, la remise en cause des droits et garanties de la classe ouvrière française sur ce qui s’est passé dans ces pays pose un problème de taille. A savoir qu’à la différence de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie ou de l’Irlande, le gouvernement Hollande-Ayrault n’a, jusqu’à présent, pas réussi à obtenir le soutien des principales confédérations syndicales à ses contre-réformes. Ce dont témoigne le rejet par la CGT et FO de l’accord national interprofessionnel (ANI). C’est pour lui donner une nouvelle chance d’y parvenir que l’Union européenne lui accorde ce sursis. A quoi le gouvernement répond en avançant au mois prochain la convocation de la « conférence sociale » dans le but de faire prendre en charge par les organisations syndicales l’attaque contre les retraites et l’assurance chômage. Mais y parviendra-t-il ?
Du côté de la classe ouvrière et de la jeunesse, articles, reportages et sondages consacrés au « un an » de Hollande sont unanimes à signaler le rejet de la politique de chômage et de misère du gouvernement. Dans tous les secteurs, la colère gronde.
Qui peut croire, dans ces conditions, que l’annonce par le président et le Premier ministre qu’ils vont tenter d’aller jusqu’au bout de la politique d’austérité et de destruction des droits débouchera sur autre chose qu’une crise majeure ?
Le Financial Times, qui exprime les vues de la City de Londres, regrette lui aussi que « la voie des réformes » empruntée par Hollande soit « modeste », bien qu’il lui sache gré d’avoir instauré le pacte de compétitivité et l’ANI, et qu’il enregistre positivement les « promesses d’entreprendre la réforme des retraites, de réduire le coût élevé du chômage et des allocations familiales et de réduire largement le gaspillage de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales ». Mais le capital financier anglo-saxon fait preuve de réalisme : « Par-delà le manque de popularité personnelle (de Hollande), il y a la très large “morosité” qui semble avoir infecté le pays. Un sondage de l’IFOP, la semaine dernière, a montré que 70 % des Français considèrent une “explosion sociale” comme possible dans les mois prochains. »
Tout est là. La classe ouvrière, rassemblée avec ses organisations, est la seule force capable d’entraîner dernière elle toute la population et la jeunesse pour bloquer la marche à l’abîme dans laquelle le gouvernement Hollande-Ayrault entraîne le pays.
Aider à rassembler cette force, c’est l’ordre du jour du congrès du Parti ouvrier indépendant.
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