Quelques mois avant les élections législatives de septembre, le Parti social-démocrate allemand (SPD) prend ses distances avec l’Internationale Socialiste qui regroupe les partis sociaux-démocrates, socialistes et travaillistes, relate l’hebdomadaire allemand Focus paru dimanche. Le SPD en est le principal parti et Willy Brandt l’a présidée pendant seize ans, de 1976 à 1992.
L’actuel président du SPD Sigmar Gabriel en donne la raison : « Nous devons constater tranquillement que l’Internationale Socialiste ces dernières années n’a rien dit de substantiel au sujet des excès des marchés financiers ni sur les autres défis mondiaux ». Pour l’ancien chef du SPD, Hans-Jochen Vogel, l’Internationale Socialiste est devenue une grande muette.
Il ne s’agit pas d’une rupture totale, dans la mesure où le SPD continuera à verser sa cotisation annuelle, mais celle-ci passe de 100 000 livres à 6 000. Et s’il continue à participer aux réunions, c’est en tant qu’observateur.
Par ailleurs, le SPD pousse à la création d’une organisation concurrente de l’Internationale Socialiste, sous le nom de « Progressive Alliance », qui devrait voir le jour le 22 mai à Leipzig. Les Sociaux-démocrates d’au moins 50 pays y sont attendus, dont les partis suédois, norvégien, anglais et néerlandais. Selon Sigmar Gabriel, « nous voulons construire un réseau, qui réalise ce que l’Internationale Socialiste ne peut plus faire, à savoir offrir une plate forme de débats sociaux-démocrates s’inscrivant dans un cadre global ».