La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine, dans une interview publiée vendredi par le quotidien Le Figaro, avertit que, dans le cadre d’une nouvelle réforme des retraites, « un effort sera nécessaire, auquel devront participer tous les Français ».
Elle précise que « des décisions seront prises d’ici la fin de l’année » et détaille les grandes lignes de la stratégie du gouvernement : « Nous avons trois défis : le financement à court terme, la pérennité à long terme de notre système par répartition et des mesures de justice ». Selon elle, « si on parle de durée de cotisation, qui est le critère le plus juste, vu l’augmentation de la durée de vie, elle doit tenir compte des réalités des carrières », ce qui implique « un effort ».
Assurant entendre « les inquiétudes » au sujet des retraites, Mme Touraine affirme que « la retraite par répartition doit rester le socle » et qu’elle ne « pousse pas à un bouleversement des principes existants ».
Publiée hier, une étude conjointe des services des statistiques des ministères sociaux, du Conseil d’orientation des retraites, de la Caisse nationale de l’assurance vieillesse et de la Direction de la sécurité sociale montre qu’une certaine inquiétude sur l’avenir des systèmes de retraite gagne du terrain chez les salariés : trois retraités sur quatre disent être partis à la retraite « dès qu’ils en ont eu la possibilité ».
Complot contre nos retraites
Le 22 février, l’Union européenne engageait contre la France une procédure prévue par le TSCG en cas de déficit excessif. Dans la foulée, le gouvernement Hollande-Ayrault décidait d’une série de mesures d’austérité supplémentaires visant à ponctionner les allocations familiales, les collectivités territoriales et tous les budgets de l’Etat.
L’Union européenne exige maintenant des « réformes structurelles ». Dans son collimateur, la Sécurité sociale fondée sur le salaire différé et le système des retraites basées sur la répartition.
Depuis, les déclarations se multiplient. Chacun y va de ses propositions.
Laurence Parisot (Medef) veut « passer en 2020 à 43 annuités de cotisations » et « relever à 67 ans l’âge légal en 2040 » (Le Monde, 1er mars).
Pascal Terrasse (secrétaire national du PS en charge des retraites) se dit « ouvert à l’augmentation des cotisations ». Il propose de ne plus « indexer les retraites sur l’inflation ». Pour lui aussi, « travailler au-delà de 62 ans est inévitable » (Le Parisien, 29 février). Et, en réponse à la demande de l’Union européenne, il affirme que « La réforme des retraites, c’est aussi une réforme de structures », ajoutant : « Dans ce cadre, toucher aux régimes spéciaux n’est pas un tabou. »
Ils veulent donc mettre en œuvre « une réforme structurelle », comme le demande Laurent Berger de la CFDT : « On veut aller vers une réforme plutôt systémique, c’est-à-dire plutôt par points, des retraites » (BFM).
C’est clair ! Il s’agit d’en finir avec la répartition pour y substituer un système individuel, tel celui des assurances privées qui, en réalisant des profits faramineux, ont appauvri des millions de travailleurs âgés en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis !
Et le ministre Moscovici de proposer sa méthode : « Il faut une réforme. Mais nous avons une méthode qui fait ses preuves : la concertation. »
Ce qu’ils appellent la « concertation », c’est la décision du gouvernement de soumettre à la ratification de l’Assemblée nationale l’accord Medef-CDFT de remise en cause du Code du travail.
Contre la transposition en loi de cet accord, deux cent mille travailleurs ont manifesté le 5 mars dans tout le pays, à l’appel des confédérations ouvrières CGT et FO.
Comment bloquer la politique de ce gouvernement entièrement soumise à l’Union européenne ?
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