
Nouveau président du Conseil, Enrico Letta, leader du Parti démocrate (PD), première force de centre gauche, a prêté serment hier au palais du Quirinal, siège de la présidence de la République italienne. Il était entouré des vingt et un ministres de son gouvernement d’union nationale gauche-droite, où le vice-président et ministre de l’Intérieur est Angelino Alfano, le chef du parti Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi.
M. Letta doit prononcer dans la journée un discours au parlement, au cours du quel il présentera son programme.
Mercredi dernier, lors de sa nomination par le président de la République Giorgio Napolitano, M. Letta avait dévoilé ses priorités en déclarant qu’au niveau européen « les politiques d’austérité ne suffisent plus ».
Cependant, c’est le directeur de la Banque d’Italie, Fabrizio Saccomanni, qui a été nommé ministre de l’Économie. Il a promis hier dans le journal La Repubblica une « recomposition des dépenses » publiques dans le but de stimuler la croissance, à travers un « pacte » entre les banques, les consommateurs et les entreprises.
Composé après deux mois de crise politique, le gouvernement Letta affiche la jeunesse de ses membres, qui ont 53 ans en moyenne, soit 10 de moins que le gouvernement Monti. Il met aussi en avant une forte présence de femmes, au nombre de 7 sur les 21 ministres.
Sa véritable nouveauté consiste en une alliance droite-gauche qui ne s’est jamais réalisée depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Neuf ministres sont issus du PD, cinq du PDL, trois du centre et quatre sont qualifiés de technocrates.
L’édition de notre hebdomadaire du 3 mai donne la parole à Lorenzo Varaldo, syndicaliste enseignant et animateur du comité pour un parti des travailleurs en Italie, qui revient sur la signification de la formation d’un gouvernement d’union nationale en Italie, au moment où les appels à la constitution d’un gouvernement d’union nationale en France se multiplient.
.Il s’agit, dit-il notamment, « d’un gouvernement dont la tâche principale est de poursuivre l’application de la politique de la troïka et d’entreprendre des réformes institutionnelles pour en finir avec une situation de blocage de ce type. Ce qui signifie la suppression du Sénat, pour constituer un « Sénat des régions » — donc un pas supplémentaire vers la régionalisation —, la réduction du nombre de députés et la fin de la double lecture des lois à l’Assemblée et au Sénat. »
Je viens d’apprendre que la direction de la CGIL a signé, avec celles de la CSL et de l’UIL, un « minipacte pour la productivité » ajoute Lorenzo Varaldo. qui souligne que « L’objectif est de privilégier les accords d’entreprise aux dépens des conventions collectives nationales. »
Et de conclure: « Plus que jamais, la question de l’indépendance des syndicats est décisive, parce qu’on ne peut d’aucune manière soutenir ce gouvernement. Il faut organiser immédiatement le combat contre le gouvernement Berlusconi-Monti du PD, qui va appliquer tous les plans de destruction ».