
L’Agence de presse grecque Ana a révélé hier que le ministre de la Justice a demandé au procureur chargé des délits financiers d’enquêter sur les subventions publiques, y compris les fonds européens, versées à des sociétés offshore. Le secrétaire général à la transparence du ministère, Georges Sourias, affirme en effet dans le document transmis au magistrat qu’« en sus de la fraude, de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent », ces sociétés, qui ne paient aucun impôt dans les pays où elles sont domiciliées, « sont utilisées par des entrepreneurs pour faire des fausses factures et bénéficier ainsi de subventions bien supérieures à celles auxquelles ils ont droit ».
Ces détournements de fonds publics semblent avoir été particulièrement nombreux dans le secteur de la santé. M. Soulias a ainsi révélé qu’une entreprise grecque a touché une subvention de 79 millions pour l’achat d’un matériel facturé 174 millions par l’une de ces sociétés basée sur l’île de Man. Le matériel avait été acquis pour 4 millions en Espagne.
Ces révélations surviennent au lendemain de l’annonce par les représentants de la troïka de l’accord conclu avec le gouvernement grec « sur les mesures économiques et budgétaires nécessaires pour que reste sur les rails le programme de redressement économique ».
Parmi ces mesures figurent la suppression de 4 000 emplois cette année dans la fonction publique et de 11 000 en 2014. Cet accord devrait notamment permettre le versement de la tranche de 2,8 milliards de prêts attendue depuis la fin de l’année dernière par les autorités grecques.