Quatre des neuf mesures d’austérité prises par le gouvernement portugais ont été rejetés vendredi par la Cour constitutionnelle, sans possibilité d’appel. La Cour a jugé hors la loi la diminution des primes de vacances des retraités et des fonctionnaires ainsi que des prélèvements sur les indemnités chômage et maladie.
Le budget portugais 2013 , voté l’année dernière par le parlement, d’une rigueur sans précédent, devait conduire à 5,3 milliards d’euros de coupes drastiques dans les droits sociaux ainsi que des augmentations d’impôts.
Ce programme de rigueur avait été imposé par la Troïka (Union Européenne, Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne), en contrepartie du plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011. Il a aggravé la récession dans le pays, le chômage frappe désormais près de 17 % de la population active.
L’opposition socialiste réclame une renégociation du plan d’aide, mais d ‘autres mesures d’austérité risquent d’accroître le mécontentement populaire. Début mars, des centaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le Portugal contre la politique dictée par ses bailleurs de fonds.
Le président de la cour constitutionnelle portugaise, Joaquim Sousa Ribeiro commentant la décision de rejet de la Cour a déclaré que « ce sont les lois qui doivent se conformer à la Constitution et non pas l’inverse ». Le Président portugais a convoqué en urgence un conseil des ministres extraordinaire.
Portugal : à la veille de l’anniversaire du 25 avril 1974
Informations Ouvrières du 4 avril rapporte les propos tenus, le 15 mars dernier, dans le meeting d’ouverture de la conférence de Tarragone par le camarade Aires Rodrigues, ancien député à la Constituante.
Il souligne que les manifestations annoncées pour le 39e anniversaire de la révolution portugaise « auront sans aucun doute un caractère particulier ».
« En témoigne, dit-il, le débat qui s’est déroulé le 16 mars, lors de l’assemblée générale de l’Association du 25 Avril (« A25A »), composée d’officiers et de sous-officiers qui ont participé au coup d’Etat qui a chassé le dictateur fasciste Salazar le 25 avril 1974 ainsi que de militants de toutes tendances qui ont participé à la révolution.
A la fin des travaux de l’assemblée générale, le président de la tribune a affirmé : « Personne n’apparaît pour prendre en mains la situation d’agitation sociale qui vient. » Un autre participant a indiqué : « Ce gouvernement doit être accusé d’homicide (accusé en particulier des nombreux suicides qui ont eu lieu). »
« Sans nul doute, conclut Aires Rodrigues, les travailleurs et la population utiliseront cet appel de l’Association du 25 Avril pour centraliser leur action, exigeant la chute du gouvernement et le retrait des plans d’ajustement imposés par la troïka. Et pour cela, l’unité de la classe ouvrière avec ses organisations CGTP et UGT, est à nouveau la question majeure. »