
Évoquant la situation de Chypre, le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a déclaré hier que « l’Union Européenne nous a fait la démonstration qu’il y aura la situation où il faudra choisir entre la souveraineté du peuple et l’euro. Je choisis la souveraineté du peuple ».
Il s’exprimait à Bordeaux, en marge du congrès du Parti de Gauche (PG), qui prend fin ce soir. Pour lui, « l’euro, qui était censé être le fluide qui unit les pays, c’est le contraire, c’est le moyen de serrer la gorge ».
Cependant, il récuse une sortie de l’euro car « cela voudrait dire que Merkel a gagné ». Selon lui, « il faut accepter d’être l’Europe du sud » et suggère une « alternative dans la manière dont fonctionne l’Europe », par des liens plus étroits avec les pays de la Méditerranée.
Le quotidien Libération, qui évoque ces propos, assure qu’ils « sèment le doute » dans le congrès et rapporte les paroles d’un délégué pour qui « sur plusieurs points, je trouve qu’on se rapproche des positions du FN ». « La grande différence entre nous et le FN, c’est qu’on veut transformer l’euro, réplique Guillaume Etievant, président de la commission économie du PG, cité lui aussi. On ne veut pas être dans une position de repli, ni laisser le FN maître du jeu sur le sujet avec ses réformes simplistes. »
Interrogé hier par BFMTV sur la situation générale du pays, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que, « dans l’esprit des Français il y a un ras-le-bol général, une nausée extraordinaire ». « Un grand coup de balai est nécessaire », dit-il en ajoutant qu’ « on a besoin d’une assemblée constituante ».