
Le gouvernement chypriote a fait savoir qu’il discuterait dans la matinée avec des représentants de la Troïka (Banque Centrale Européenne, Union Européenne et Fonds Monétaire International) à Nicosie et que le départ du président pour Bruxelles dépendait des résultats de cette réunion.
Initialement, selon l’agence chypriote CNA « les leaders de partis et le président [devaient partir] pour Bruxelles à la mi-journée pour des pourparlers avec la direction de l’UE ».
Avant l’échéance lundi d’un ultimatum de la BCE, qui a menacé Chypre de couper les vivres aux banques, par un véritable blocus monétaire, Nicosie engageait ainsi une dernière tentative pour convaincre les bailleurs de fonds d’accepter son nouveau plan pour obtenir une aide internationale.
Hier soir, les députés ont voté les premières mesures de ce plan. Le secteur bancaire serait restructuré et les mouvements de capitaux seraient limités pour éviter une panique dans les banques à leur réouverture, prévue mardi.
Surtout, un fonds de solidarité serait créé, qui utiliserait en particulier les liquidités des fonds de retraites de la fonction publique.
D’autres projets n’ont pas encore été votés, le gouvernement souhaitant d’abord faire valoir à Bruxelles la première partie de son plan. Parmi ces hypothèses, une taxe sur les dépôts bancaires à partir de 100 000 euros. Elle pourrait s’élever à 15 %, selon la télévision publique. Selon d’autres médias, elle pourrait monter à 25% pour les dépôts de plus de 100 000 euros de la Bank of Cyprus, la plus importante de l’île, très menacée par les risques sur la dette grecque.
« Chypre : non au pillage de l’Union européenne ! » — un tract du POI
Colère à Chypre !
Les ministres des Finances européens (Eurogroupe), agissant sous mandat du FMI et de l’Union européenne, ont décidé, à Bruxelles le 16 mars, de taxer de 7 à 10 % les dépôts bancaires des Chypriotes, l’Union européenne et le FMI laissant au gouvernement chypriote le soin de répartir le pillage des différentes tranches de dépôt.
C’est un hold-up visant à voler 6,5 milliards d’euros aux épargnants, au compte des spéculateurs.
Dès l’annonce du coup de force de l’Union européenne, les travailleurs chypriotes ont manifesté, à l’appel des syndicats, devant le Parlement, sous les mots d’ordre : « Nous ne serons pas vos cobayes » et « Union européenne, qui est la prochaine victime : l’Espagne ou l’Italie ? »
Mardi 19 mars, devant le Parlement, ils se sont de nouveau rassemblés par milliers, scandant « Chypre appartient à son peuple »… et le Parlement a rejeté le plan de l’Union européenne.
Il faut en finir avec la dictature de l’Union européenne et ses exigences
En France, l’Union européenne exige que soit engagée sans délai une « réforme » des retraites, et le gouvernement Hollande-Ayrault met immédiatement celle-ci en chantier.
Afin d’appliquer leurs plans, les gouvernements subordonnés à l’Union européenne cherchent à entraîner le mouvement ouvrier dans la soumission aux conséquences des traités qu’ils ont eux-mêmes ratifiés.
Pour résister à la dictature de l’Union européenne, pour s’opposer au pillage, une condition est indispensable : l’indépendance du mouvement ouvrier.
Ils ont décidé d’agir :
— pour l’unité des travailleurs et des organisations pour l’annulation des plans d’austérité et des contre-réformes imposés par les gouvernements soumis à la dictature de la troïka (Union européenne, FMI, Banque centrale européenne) ;
— pour l’indépendance du mouvement ouvrier.
Prenez connaissance du compte rendu de cette conférence dans Informations ouvrières.