Après « avoir pris acte » du rejet du « plan de sauvetage » par le parlement chypriote, la Banque centrale européenne (BCE) a fait savoir dans la journée qu’elle n’alimenterait plus en liquidités les banques de ce pays. Ce blocus monétaire, une arme que la BCE n’avait encore jamais utilisée, durera tant que ce plan ne sera pas accepté.
Jorg Asmussen, l’un des membres du directoire de la BCE, a expliqué cette mesure en soulignant que les liquidités d’urgence de la banque ne sont disponibles que pour les établissements solvables. Or, a-t-il ajouté, « la solvabilité des banques chypriotes n’est pas assurée si un programme d’aide n’est pas bientôt décidé, qui garantit une recapitalisation rapide du secteur bancaire ».
Première conséquence de ce blocus monétaire : les banques chypriotes sont fermées jusqu’à nouvel ordre pour éviter que leurs guichets ne soient pris d’assaut. Les entreprises de l’île ne peuvent plus effectuer de virements vers les pays étrangers, ce qui risque de transformer à terme le blocus monétaire en blocus économique. Les distributeurs automatiques de billets continueront de fonctionner tant que les réserves en billets de la banque centrale chypriote le permettront.
Les délégués de la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) sont arrivés aujourd’hui à Nicosie et ont aussitôt commencé leurs consultations. Une réunion du gouvernement chypriote a commencé dans la soirée et pourrait se conclure par une nouvelle convocation du Parlement.
« Chypre : non au pillage de l’Union européenne ! » — un tract du POI
Colère à Chypre !
Les ministres des Finances européens (Eurogroupe), agissant sous mandat du FMI et de l’Union européenne, ont décidé, à Bruxelles le 16 mars, de taxer de 7 à 10 % les dépôts bancaires des Chypriotes, l’Union européenne et le FMI laissant au gouvernement chypriote le soin de répartir le pillage des différentes tranches de dépôt.
C’est un hold-up visant à voler 6,5 milliards d’euros aux épargnants, au compte des spéculateurs.
Dès l’annonce du coup de force de l’Union européenne, les travailleurs chypriotes ont manifesté, à l’appel des syndicats, devant le Parlement, sous les mots d’ordre : « Nous ne serons pas vos cobayes » et « Union européenne, qui est la prochaine victime : l’Espagne ou l’Italie ? »
Mardi 19 mars, devant le Parlement, ils se sont de nouveau rassemblés par milliers, scandant « Chypre appartient à son peuple »… et le Parlement a rejeté le plan de l’Union européenne.
Il faut en finir avec la dictature de l’Union européenne et ses exigences
En France, l’Union européenne exige que soit engagée sans délai une « réforme » des retraites, et le gouvernement Hollande-Ayrault met immédiatement celle-ci en chantier.
Afin d’appliquer leurs plans, les gouvernements subordonnés à l’Union européenne cherchent à entraîner le mouvement ouvrier dans la soumission aux conséquences des traités qu’ils ont eux-mêmes ratifiés.
Pour résister à la dictature de l’Union européenne, pour s’opposer au pillage, une condition est indispensable : l’indépendance du mouvement ouvrier.
160 délégués de 13 pays d’Europe viennent de se réunir les 15, 16 et 17 mars en conférence ouvrière, à Tarragone (Espagne).
Ils ont décidé d’agir :
— pour l’unité des travailleurs et des organisations pour l’annulation des plans d’austérité et des contre-réformes imposés par les gouvernements soumis à la dictature de la troïka (Union européenne, FMI, Banque centrale européenne) ;
— pour l’indépendance du mouvement ouvrier.
Prenez connaissance du compte rendu de cette conférence dans Informations ouvrières.