
Hier, en Grèce, à quelques jours de l’inspection de la troïka (Union Européenne, Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne), 50 000 manifestants en grève générale se sont mobilisés contre la poursuite de l’austérité. La précédente grève du métro s’était heurtée à la réquisition décidée par le gouvernement.
Ils étaient 35 000 à Athènes et 15 000 à Salonique à suivre les centrales syndicales GSEE du privé et Adedy du public pour « répondre aux politiques sans issue et anti-croissance qui ont paupérisé la société et enfoncent l’économie dans la crise ».
Syriza, de la gauche radicale, présent, a appelé par tract à « faire tomber le plus vite possible » le gouvernement. Le Front syndical communiste Pame a manifesté à part, rejoint par quelques tracteurs signalant la colère des agriculteurs.
Le chômage frappe 27 % des actifs, plus de 60 % chez les jeunes. La rigueur asphyxie l’économie, la santé, l’éducation et la protection sociale.
L’inspection de la Troïka fin février-début mars, conditionnera le versement des prêts à venir. Selon le ministère des Finances, « il s’agit juste d’appliquer » les engagements pris en novembre, notamment « en matière de privatisations, de perception des impôts et de réduction du secteur public ».
Le programme de privatisation ambitionne de dégager 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016, dont 2,5 milliards en 2013. Le Qatar achèterait Hellinikon, site de prestige au sud d’Athènes de 620 hectares. Son exploitation correspondrait à 0,3 % le PIB du pays. Il investirait aussi jusqu’à un milliard d’euros dans des PME, via un fonds d’investissement.