
Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali, numéro 2 du parti Ennahda, a annncé hier qu’il démissionnerait s’il était empêché de former un gouvernement de techniciens. « Je présenterai, a-t-il déclaré, l’équipe au plus tard au milieu de la semaine prochaine. Si elle est acceptée je continuerai à assumer mes fonctions, à défaut, je demanderai au président de chercher un autre candidat pour former un nouveau cabinet ».
Il a ajouté que « tous les ministres seront des indépendants y compris à l’Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères », ministères revendiqués par Ennahda.
Contrairement à la direction officielle de son parti, Ennahda, il affirme qu’il n’y a pas nécessité de demander la confiance de l’Assemblée Nationale Constituante, dans laquelle Ennahda a 89 sièges sur 217.
C’est pour contrer l’initiative de Jebali qu’Ennhada a appelé à manifester à Tunis hier. La manifestation a rassemblé, selon l’estimation de l’Agence France Presse, environ 3 000 participants. La veille, vendredi, alors que la grève générale à l’appel de partis politiques et de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) connaissait un succès inégalé depuis 2011, le ministère de l’Intérieur avait annoncé le nombre de 40 000 participants pour les obsèques de Chokri Balaïd.
La crise qui secoue Ennhada intervient alors que les conflits sociaux se multiplient à cause du chômage et de la misère et alors que le parti ne parvient pas à trouver un accord avec ses alliés laïcs dont le président Moncef Marzouki.