
Par la grève générale et les manifestations, la Tunisie a protesté hier contre l’assassinat de Chokri Belaïd. Lancée à l’appel de plusieurs partis et de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), la grève « pacifique contre la violence » a été largement suivie. Les obsèques du militant du Front Pouplaire, à Tunis, ont quant à elles pris le sens d’une manifestation réunissant 40 000 personnes, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.
C’est le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, qui est accusé d’être responsable de cet assassinat. Selon le reportage de l’Agence France Presse, la foule a scandé, à l’entrée du cimetière d’El-Jellaz, où Chokri Belaïd a été inhumé, « Le peuple veut la chute du régime », « Le peuple veut une nouvelle révolution », et s’en est pris au chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi : « Ghannouchi assassin ».
La grève, d’une ampleur inégalée depuis 2011, est intervenue dans un climat social tendu. Manifestations et conflits sociaux se sont multipliés, dans un contexte de chômage et de misère.
La crise politique a pris un tour nouveau, avec une division ouverte entre une partie d’Ennahda ralliée au Premier ministre Hamadi Jebali, qui a annoncé la dissolution du gouvernement et la formation d’un gouvernement chargé des affaires courantes avant des élections, d’une part et, d’autre part, celle qui reste fidèle à Rached Ghannouchi, qui refuse cette décision.
Hamadi Jebali, a déclaré vendredi qu’il s’en tenait à sa décision de former un gouvernement de technocrates. « Je n’aurai pas besoin de l’aval de l’Assemblée nationale constituante », a-t-il ajouté.