Rythmes scolaires : l’obstination du ministère et du maire de Paris se heurte à la grève des enseignants parisiens et de leurs syndicats

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Le ministre de l’Education Nationale qui déclare maintenir sa réforme des rythmes scolaires et M. Delanoé, maire de Paris qui déclare l’appliquer à la rentrée 2013, se voient confrontés à la grève des enseignants parisiens du primaire.

Rejetée par la Commission d’évaluation des normes et par le Conseil supérieur de l’Education, cette réforme dont l’enjeu a été reprécisé pour le ministre Peillon : « agir comme un levier pour faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial », est jugée inégalitaire et trop coûteuse par les collectivités territoriales, en particulier par les petites communes. Pourtant, a répété jeudi le ministre, le gouvernement ne reculera pas et fera passer la loi par décret.

Malgré la mobilisation des enseignants et de leurs syndicats fin 2012, le maire de Paris a déclaré qu’il appliquerait pour sa part la réforme dès la rentrée 2013. Les syndicats parisiens SNUIPP-FSU, SNUDI-FO, Se-Unsa, Sud Education, CNT-Ste, CGT Educ’Action ont donc appelé ensemble à faire grève et à manifester mardi 22 janvier en direction de l’Hôtel de Ville, « pour l’abandon de la réforme des rythmes scolaires et contre sa mise en place à la rentrée 2013″.

Le Parisien du 18 janvier 2013 relève que « la contestation des profs et des parents se propage comme une trainée de poudre ». Les syndicats annoncent une grève « historique » avec plus de 90% de grévistes.

Déjà, vendredi, selon une enseignante parisienne, sur 662 écoles à Paris, 300 environ étaient fermées et 150 autres comptaient de nombreux grévistes.

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La réforme des rythmes scolaires et la loi Peillon de refondation de l’école : une même logique contre l’instruction des enfants !

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(Tract diffusé cette semaine par les comités parisiens du POI à la population et aux parents d’élèves) Le 23 janvier, le ministre Vincent Peillon présente au Conseil des ministres sa loi dite de « refondation de l’école ». Le 8 janvier, il a soumis au Conseil supérieur de l’Education (CSE) son projet de décret modifiant les rythmes scolaires, première étape de l’application de sa loi.

Mais ce projet de décret n’a recueilli que 5 voix, car aucun syndicat d’enseignants, aucune association de parents ne l’a approuvé, les principales organisations, FSU, FO, CGT et SUD ayant voté contre. Le 11 janvier au Comité technique ministériel : 0 voix pour le projet !

Quel est l’élément commun à la réforme des rythmes scolaires et à la loi de refondation de l’école ? Le ministre Peillon lui-même le dégage :

« La réforme des rythmes scolaires doit agir comme un levier pour faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial et doit conduire à coordonner les actions de l’Etat, des collectivités territoriales et des organismes œuvrant dans le champ éducatif. »

Qu’est-ce qu’un « projet éducatif territorial » dans lequel les collectivités territoriales (les mairies en particulier) et des « organismes » (lesquels ?) auraient le même pouvoir que l’Etat ? L’école de la République a été fondée pour apprendre à tous les enfants, sur tout le territoire, à lire, écrire et compter.

Pourquoi les enfants n’apprendraient-ils plus la même chose à Paris, à Lyon, à Marseille, à Saint-Denis, dans les beaux quartiers ou les quartiers plus populaires ?

Le maire, M. Bertrand Delanoë, se veut « en pointe » dans la mise en œuvre de cette réforme des rythmes scolaires. En marge de ses vœux pour 2013, il a invoqué le prétexte du « rythme biologique » des enfants. C’était déjà, en 2008, l’argument du ministre de droite Darcos pour justifier le passage à la semaine de quatre jours, alors qu’il s’agissait en fait de réduire les heures d’enseignement et de supprimer les RASED.

Le « rythme biologique » des enfants a bon dos !

Aujourd’hui, MM. Peillon et Delanoë réutilisent l’argument pour passer à une semaine de quatre jours et demi, avec cours le mercredi matin et diminution d’une heure d’enseignement par jour le reste de la semaine.

Il ne s’agit donc pas de rétablir les trois heures d’instruction supprimées en 2008. Il s’agit en fait de profiter de ce changement pour introduire dans l’école la tutelle de la mairie et d’organismes divers qui vont être « co-organisateurs » du « projet éducatif territorial », cœur de la future loi de refondation de l’école.

En fait, la loi Peillon et le décret sur les rythmes scolaires ne peuvent avoir qu’une seule conséquence : la dislocation de l’école.

Comme « l’acte 3 de la décentralisation » ne peut avoir comme conséquence que la dislocation de la République.

A Paris, à l’appel de leurs syndicats, 1 000 instituteurs ont manifesté le 19 décembre pour l’abandon de cette réforme des rythmes scolaires.

Ils seront en grève le 22 janvier et manifesteront en direction de l’Hôtel de Ville sur la base suivante :

« Le 10 janvier 2013, la Mairie de Paris a confirmé sa décision de mettre en place dès la rentrée 2013 la réforme des rythmes scolaires.

Ce projet de réforme n’est pas acceptable. Il dégrade les conditions de travail et d’emploi de tous les personnels. Il ne comporte aucune amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et ne garantit en rien leur réussite scolaire.

Les obligations de service des enseignants doivent rester sous la seule responsabilité de l’Etat.

Les PVP doivent continuer à intervenir sur le temps scolaire. Aucune modification de l’organisation de la semaine scolaire ne doit être mise en place par la Mairie de Paris à la rentrée 2013.

C’est pourquoi les organisations syndicales SNUIPP-FSU, SNUDI-FO, Se-Unsa, Sud Education, CNT-Ste, CGT Educ’Action, appellent les enseignants parisiens à la grève le mardi 22 janvier 2013, pour manifester notre opposition au projet de réforme sur les rythmes scolaires. »

Et le 23 janvier, jour du Conseil des ministres, où M. Vincent Peillon va présenter son projet de loi, des initiatives syndicales ont été proposées pour se rassembler ministère.

A Paris, M. Delanoë, qui se retrouve face aux instituteurs et leurs syndicats, voudrait leur opposer les parents d’élèves. Il misait sur l’appui de la direction parisienne de la FCPE, qui avait en décembre exprimé son soutien à la réforme, la veille de la manifestation des instituteurs.

Mais au CSE, la FCPE s’est abstenue sur le projet de décret. Ce projet n’a recueilli AUCUNE voix de représentants enseignants ou parents, les principaux intéressés !

Plus que jamais, dans l’intérêt des enfants,

deux exigences sont indissociables :

♦ Retrait du projet de loi Peillon

♦ Abandon de la réforme des rythmes scolaires

Paris, le 12 janvier 2013

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Catégories: ENSEIGNEMENT, GREVE

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