
Jean-Claude Mailly dont l’organisation Force Ouvrière organise un meeting national de plusieurs milliers de militants jeudi prochain après midi à Paris (1), veut que les arguments de son organisation, non signataire de l’accord, soient entendus par le gouvernement et tous les parlementaires. Il vient de qualifier de « démocratie sociale façon Bismarck » la volonté du gouvernement, annoncée le 16 janvier, de faire transposer en loi et adopter l’accord en procédure d’urgence, sans vote ( grâce à l’article 49/3 de la constitution). Pour lui, l’accord de flexibilité, n’est favorable qu’au patronat ; il est nocif avec son « principe selon lequel il faut d’abord pouvoir licencier pour pouvoir embaucher » et il remet gravement en cause les droits des salariés.
Pour sa part Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a rapproché l’annonce de 7 500 suppressions d’emplois chez Renault du contenu de l’accord tout juste signé : « Cela montre bien, dit-il, qu’il est vain de prétendre justifier les licenciements aujourd’hui comme étant créateurs d’emplois pour demain et c’est ça qu’on nous propose de généraliser ».
Selon la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, « le texte devrait être prêt d’ici une quinzaine de jours » et « sera soumis aux autorités consultatives, puis il sera transmis au Conseil d’Etat ». « Nous voudrions le présenter en procédure d’urgence à l’Assemblée nationale dès la première semaine d’avril et au Sénat la dernière semaine d’avril », a précisé la ministre. Selon ce scénario la promulgation de la loi devrait intervenir en mai 2013.
(1) 14h30 , Halle Freyssinet- 55 Boulevard Vincent Auriol 75013
Daniel Gluckstein dans l’éditorial d‘Informations Ouvrières qui paraît ce 17 janvier déclare: «Le combat contre la guerre sociale déclenchée par le gouvernement Hollande-Ayrault à l’intérieur rejoint le combat contre la guerre déclenchée à l’extérieur contre le peuple malien ». C’est aussi le sens du tract diffusé cette semaine par les militants du POI sur tout le territoire.
Le secrétaire national du POI cite l’appréciation du journal patronal Les Echos: « L’accord majoritaire en entreprise devient le socle de référence du dialogue social. » et ajoute: « C’est vrai : si gouvernement et Parlement parvenaient à transcrire dans la loi l’accord Medef/CFDT, c’est le Code du travail qui serait menacé de pulvérisation, tandis que les confédérations syndicales verraient leurs prérogatives réduites à peau de chagrin… » (…) Certains, à la gauche du PS, critiquent le caractère « inégal » de l’accord (trop favorable aux patrons) et revendiquent « un rééquilibrage ». Même son de cloche dans L’Humanité, qui titre un article : « Un cheval, une alouette ». Rééquilibrage ? Amendement ? Non : unité des travailleurs et de leurs organisations indépendantes pour imposer le retrait, purement et simplement.»
Le journal du POI consacre une large place à l’accord interprofessionnel du 11 janvier sur la flexibilité.
On y trouvera les principales dispositions de l’accord interprofessionnel du 11 janvier expliquées par un inspecteur du travail ainsi que de larges extraits d’un communiqué du syndicat des avocats de France (SAF) qui dénonce le texte comme « une destruction majeure du droit des salariés », que le gouvernement voudrait maintenant inscrire dans la loi.
Le journal donne également la parole
- à un des initiateurs de la conférence du 1er décembre, syndicaliste FO, qui souligne: «La CGT et FO n’ont pas ratifié cet accord. C’est un vrai désaveu pour le gouvernement.»
- ainsi qu’à un inspecteur du travail syndicaliste CGT: “Honte à la CFDT ! C’est la faillite de son syndicalisme d’accompagnement” et ajoute: «Quel militant pourrait comprendre que, à nouveau, nous renouions avec les dirigeants de la CFDT au nom du “syndicalisme rassemblé” ?»