
Renault a trouvé, en Espagne, un accord de « pacte social » avec les syndicats de ses usines, UGT, CCOO et CCP. Signé mercredi dernier, il est destiné à renforcer la compétitivité de la firme et portant sur les années 2014-2016.
L’accord prévoit que les salaires augmenteront de la moitié de l’inflation annuelle et inclut la possibilité d’un paiement lié aux objectifs de l’entreprise. Il ajoute une journée par an de travail obligatoire en 2014 et deux autres, à négocier par la suite. Il crée un nouveau type de contrat d’embauche d’une durée de 18 mois, accordant un salaire équivalent à 72,5% de celui d’un ouvrier qualifié. Il autorise l’organisation dans toutes les usines d’un roulement permettant d’assurer la production sept jours sur sept, laissant cependant aux travailleurs la liberté d’y participer ou non.
En compensation, 800 postes d’intérimaires seront transformés en CDI en 2014-2016 et certains avantages sociaux améliorés (chèque-garderie, congé doublé à la naissance d’un enfant, aide aux parents d’enfants handicapés).
En France, lors de sa conférence de presse de mardi dernier, le président François Hollande a appelé les partenaires sociaux à s’entendre sur « un compromis historique ». Renault déclare, pour sa part, que si des accords de compétitivité sont signés en France avec les syndicats, la firme « pourrait s’engager à ne pas fermer d’usines » dans notre pays, en dépit d’une conjoncture défavorable.
Pour que le « pacte de compétitivité » entre pleinement en oeuvre, une condition est indispensable: l’association étroite des organisations syndicales. Faute de quoi…
(Extraits de la déclaration du Bureau national du POI du 10 novembre 2012 - texte intégral en cliquant ci-contre)
(…) Pour que ce « pacte » gouvernemental entre pleinement en œuvre, une condition est indispensable, Ayrault l’a dit très clairement : l’association étroite des organisations syndicales. Faute de quoi…
C’est pourquoi il a mis au cœur des mesures annoncées la création « d’un comité de suivi associant l’Etat et les partenaires sociaux » afin de suivre l’organisation du pillage par les capitalistes de ce qui appartient à la classe ouvrière. C’est pourquoi également, il a tenu à saluer les travaux du « Haut Conseil pour le financement de la protection sociale », créé par Sarkozy, dont le premier rapport, remis le 31 octobre, propose de faire table rase des principes fondateurs de la Sécurité sociale constituée en 1945.
Dans ces domaines comme dans tous les autres, le gouvernement mise tout sur sa capacité à intégrer ou non les organisations ouvrières à sa politique de destruction des droits et garanties de la classe ouvrière.
Six mois après l’élection présidentielle, les faits permettent de répondre, de manière indiscutable, à la question : où conduit le choix du gouvernement Hollande-Ayrault (et de sa majorité PS/Verts/PCF (1)-Front de gauche) d’inscrire son action dans le carcan de l’Union européenne et de ses traités, instruments du capital financier ? Ce choix — confirmé par la ratification du TSCG — le conduit aujourd’hui à vouloir entamer le cycle de destruction qui précipite dans les grèves et les manifestations, depuis des mois et des mois, les travailleurs, la jeunesse et les organisations ouvrières en Grèce, en Espagne, au Portugal.
Il n’y a qu’une force qui puisse empêcher ce cycle de destruction : la force constituée de millions de travailleurs, de retraités et de jeunes. (…)
L’heure est à la préparation de la résistance contre la mise en place du pacte de compétitivité et de toutes les contre-réformes que le gouvernement prétend imposer, résistance pour la défense de la Sécurité sociale, résistance ouvrant la voie à la rupture avec l’Union européenne.
Aider la classe ouvrière et la jeunesse à préparer (et se préparer à) ces échéances de la lutte de classe exige de poursuivre et renforcer l’action politique pour l’unité forgée sur les revendications et les mots d’ordre précis de la classe ouvrière. (…)
C’est pourquoi le Parti ouvrier indépendant soutient la conférence nationale pour l’unité et la résistance du 1er décembre organisée à l’initiative de militants de toutes tendances ; appuie l’action des maires et des élus qui se mobilisent pour le rétablissement du droit des communes à s’administrer librement et dont une délégation sera reçue chez le ministre Valls le 13 novembre ; et soutient la conférence ouvrière européenne convoquée à l’initiative de militants espagnols avec le soutien de militants de toute l’Europe.
Alors que l’horizon se charge des plus grands combats à venir pour la classe ouvrière, il importe de rassembler les forces. C’est pourquoi le bureau national du POI confirme l’invitation adressée aux militants qui le souhaitent à participer à son IVe Congrès, organisé comme un congrès ouvert, et à la tribune libre de discussion dans les colonnes d’Informations ouvrières. (…)
413 militants ouvriers de toutes tendances ont d’ores et déjà contresigné l’appel pour une conférence nationale pour l’unité et la résistance le 1er décembre à Paris
Cliquez pour télécharger et imprimer l’appel de la Conférence pour l’unité et la résistance contre la dicture de la Troïka et du TSCG
« C’est pourquoi nous proposons que se tienne le 1er décembre 2012 à Paris une conférence nationale regroupant représentants de tous ces comités, élus, syndicalistes, militants des organisations politiques, afin de discuter librement des moyens à mettre en œuvre pour renforcer cette résistance.
Nous proposons également que dans cette conférence se constitue un comité national pour l’unité et la résistance :
– POUR L’ABROGATION DU TSCG de Merkel-Sarkozy-Hollande ;
– POUR AIDER À RÉALISER L’UNITÉ contre toutes les mesures d’austérité prises par le gouvernement Hollande-Ayrault et sa majorité parlementaire (souvent soutenus par des députés de l’UMP) ;
– CONTRE TOUTE FORME DE COMPROMIS HISTORIQUE remettant en cause l’indispensable indépendance des organisations syndicales et cherchant à en faire une courroie de transmission de l’Union européenne et du gouvernement ;
– POUR EN FINIR AVEC LA DICTATURE DE LA TROÏKA. »
Les initiateurs de “l’Appel des 160”: Patrick HÉBERT, Claude JENET, Jean MARKUN, Bruno RICQUE, Alain ROQUES, Bernard SAAS ■
Et vous ?
Pour toute correspondance avec les initiateurs de l’appel: [email protected]