« Projet de pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi » - la déclaration du Bureau national du POI

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Au nom du gouvernement, Jean-Marc Ayrault a présenté le 6 novembre un « projet de pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi » : 20 milliards d’euros de cadeaux supplémentaires sont accordés aux patrons, 20 milliards extorqués aux travailleurs et leurs familles par l’augmentation de la TVA et les coupes dans les dépenses publiques. Avec ces 20 milliards qui s’ajoutent aux 30 milliards déjà annoncés début septembre, le gouvernement engage le pays dans une spirale que les travailleurs de toute l’Europe connaissent : la spirale de la Grèce de Papandréou, où, plan après plan, il a été procédé à la ruine et au pillage de tout le pays, la spirale qui frappe aussi l’Espagne et le Portugal. Et ce n’est jamais assez : dans son récent rapport sur la France, le Fonds monétaire international (qui forme, avec l’Union européenne et la BCE, la sinistre troïka) demande plus encore de « réformes structurelles », tandis qu’en France, les patrons engrangent les promesses d’Ayrault mais dénoncent leur caractère insuffisant ! Et déjà, le gouvernement annonce la perspective d’une contre-réforme d’ensemble de la Sécurité sociale.

Pour que ce « pacte » gouvernemental entre pleinement en œuvre, une condition est indispensable, Ayrault l’a dit très clairement : l’association étroite des organisations syndicales. Faute de quoi…

C’est pourquoi il a mis au cœur des mesures annoncées la création « d’un comité de suivi associant l’Etat et les partenaires sociaux » afin de suivre l’organisation du pillage par les capitalistes de ce qui appartient à la classe ouvrière. C’est pourquoi également, il a tenu à saluer les travaux du « Haut Conseil pour le financement de la protection sociale », créé par Sarkozy, dont le premier rapport, remis le 31 octobre, propose de faire table rase des principes fondateurs de la Sécurité sociale constituée en 1945.

Dans ces domaines comme dans tous les autres, le gouvernement mise tout sur sa capacité à intégrer ou non les organisations ouvrières à sa politique de destruction des droits et garanties de la classe ouvrière.

Six mois après l’élection présidentielle, les faits permettent de répondre, de manière indiscutable, à la question : où conduit le choix du gouvernement Hollande-Ayrault (et de sa majorité PS/Verts/PCF (1)-Front de gauche) d’inscrire son action dans le carcan de l’Union européenne et de ses traités, instruments du capital financier ? Ce choix — confirmé par la ratification du TSCG — le conduit aujourd’hui à vouloir entamer le cycle de destruction qui précipite dans les grèves et les manifestations, depuis des mois et des mois, les travailleurs, la jeunesse et les organisations ouvrières en Grèce, en Espagne, au Portugal.

Il n’y a qu’une force qui puisse empêcher ce cycle de destruction : la force constituée de millions de travailleurs, de retraités et de jeunes. Frappés de plein fouet par cette offensive, ils ne peuvent en effet ni accepter l’alignement complet des dirigeants du PS sur les exigences destructrices du FMI et de l’Union européenne, ni comprendre les subtilités de ceux du PCF et du Front de gauche qui affirment leur désaccord avec la politique gouvernementale, tout en revendiquant en toute circonstance leur appartenance à la majorité présidentielle.

L’heure est à la préparation de la résistance contre la mise en place du pacte de compétitivité et de toutes les contre-réformes que le gouvernement prétend imposer, résistance pour la défense de la Sécurité sociale, résistance ouvrant la voie à la rupture avec l’Union européenne.

Aider la classe ouvrière et la jeunesse à préparer (et se préparer à) ces échéances de la lutte de classe exige de poursuivre et renforcer l’action politique pour l’unité forgée sur les revendications et les mots d’ordre précis de la classe ouvrière.

Nous le savons, une large couche de travailleurs et de militants est disponible pour aider à organiser cette résistance. Ce sont les travailleurs et militants de toutes tendances avec qui nous avons combattu contre la ratification du TSCG, ceux qui sont engagés dans la lutte de classe… Tous, quels que soient leurs engagements, partagent avec les adhérents du Parti ouvrier indépendant une même volonté d’ouvrir la voie au mouvement d’ensemble, de millions et de millions, qui empêchera la France d’être entraînée dans la spirale du désastre grec.

C’est pourquoi le Parti ouvrier indépendant soutient la conférence nationale pour l’unité et la résistance du 1er décembre organisée à l’initiative de militants de toutes tendances ; appuie l’action des maires et des élus qui se mobilisent pour le rétablissement du droit des communes à s’administrer librement et dont une délégation sera reçue chez le ministre Valls le 13 novembre ; et soutient la conférence ouvrière européenne convoquée à l’initiative de militants espagnols avec le soutien de militants de toute l’Europe.

Alors que l’horizon se charge des plus grands combats à venir pour la classe ouvrière, il importe de rassembler les forces. C’est pourquoi le bureau national du POI confirme l’invitation adressée aux militants qui le souhaitent à participer à son IVe Congrès, organisé comme un congrès ouvert, et à la tribune libre de discussion dans les colonnes d’Informations ouvrières.

Le Parti ouvrier indépendant, parti de lutte de classe, qui combat pour la République, pour la démocratie, pour le socialisme, réaffirme sa totale indépendance vis-à-vis de tout gouvernement et toute majorité qui accepte de se faire l’instrument des diktats anti ouvriers et antipopulaires de la troïka. Le Parti ouvrier indépendant invite toutes et tous à participer aux assemblées de reprise de cartes du début de l’année 2013 afin de renforcer cet authentique pôle ouvrier indépendant qui n’a d’autre vocation que d’aider la classe ouvrière à s’organiser pour combattre, préserver son indépendance, et vaincre.

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(1) On peut lire dans L’Humanité (9 septembre 2012) : « Pierre Laurent estimait qu’un “dialogue nécessaire” avait repris (…) “Nous continuerons, avec nos groupes respectifs à porter nos orientations”, assure Pierre Laurent. Avec peut-être une nouveauté dans les rapports entre socialistes et communistes au Sénat : la possibilité ouverte par François Rebsamen, président du groupe PS, d’associer “en amont” les sénateurs CRC aux projets de loi. »

Catégories : Communiqué du POI

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