Lors des états généraux de la démocratie territoriale, le 5 octobre, François Hollande a évoqué les compétences que l’État pourra transférer aux collectivités territoriales, dans le cadre de la future loi de décentralisation. « Les départements se verront confier l’ensemble des politiques du handicap et de la dépendance, hors du champ de l’assurance maladie », a-t-il déclaré. Seraient concernés par ce transfert, 1 400 établissements et services d’aide par le travail (ESAT) dont le budget s’élève à 1,2 milliard d’ euros, mais aussi l’allocation adulte handicapé (AAH), 7 milliards d’euros.
« On ne peut pas envisager d’élargissement de compétences en matière de handicap et de dépendance sans que l’État, au préalable, ne rétablisse les compensations qui sont dues aux départements », a dit le même jour le président du conseil général du Val-de-Marne.
L’UNAPEI (association de défense des personne handicapées) a réagi en soulignant que « le sort de 20 000 salariés handicapés, de 120 000 travailleurs d’ESAT, de 700 000 majeurs protégés et de près de 1 000 000 de bénéficiaires de l’AAH paraît ainsi scellé ». Elle constate que « l’État ne jouera plus aucun rôle dans légalité de traitement des personnes handicapées » et considère qu’ « une telle décision semble guidée avant tout par une logique de réduction de déficits de l’État, le handicap n’étant ainsi perçu que comme une charge à transférer au profit de collectivités elles-mêmes exsangues et qui pourraient être tentées au travers de la manne financière ainsi transférée, plus de 11 milliards d’euros, de détourner ces sommes pour assurer leur propre équilibre ».