
Aux partis se réclamant du mouvement ouvrier et de la démocratie
Chers camarades,
Le conseil fédéral national du Parti ouvrier indépendant nous a mandatés pour vous adresser ce courrier.
Il s’agit de vous soumettre une proposition de rencontre, dans les plus brefs délais, avec un seul objectif : agir en commun, dans l’unité, contre la ratification par la France du traité TSCG signé le 2 mars dernier à Bruxelles par les chefs d’Etat et de gouvernement de vingt-cinq pays, dont Sarkozy et Merkel.
La position de notre parti est connue : notre opposition à l’Union européenne et à ses institutions s’inscrit dans la tradition de l’internationalisme ouvrier. Pour le POI, la « construction européenne » est une mécanique qui remet en cause la souveraineté des peuples et des nations et étouffe la démocratie politique. Le Parti ouvrier indépendant s’oppose à tout plan de rigueur et à toute forme de contrainte supranationale. Nous ne voulons pas que le peuple français soit entraîné dans la situation tragique du peuple grec. Nous sommes convaincus que les liens de solidarité, d’unité et de coopération fraternelle entre les peuples d’Europe ne peuvent se forger que dans l’action commune pour la défense de leurs droits, en particulier dans le combat commun contre les plans de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, la fameuse « troïka » aux ordres de Washington. Cette position nous a amenés à engager, il y a quatre mois, une campagne contre la ratification du traité TSCG qui a recueilli plus de 60 000 signatures. Dans plus de quarante départements, des comités se sont constitués qui rassemblent dans l’unité travailleurs et militants de toutes tendances du mouvement ouvrier pour dire : non à la ratification.
Si nous nous adressons à vous aujourd’hui, ce n’est évidemment pas pour vous demander de rejoindre notre point de vue. Sur la question de l’Union européenne, nos partis et organisations politiques ont des positions différentes les uns des autres : c’est la démocratie. Mais — dans le respect des positions politiques de chacun — il est à nos yeux urgent de rassembler nos forces sur un point unique, sans aucun préalable : le refus de la ratification du traité TSCG.
Nous savons que des initiatives autres que la nôtre ont été prises. Nous-mêmes avons évoqué la possibilité d’une manifestation nationale. Rien ne s’oppose à rien dès lors que l’on est d’accord pour agir en commun contre la ratification.
Il y a urgence. Au-delà du Conseil européen des 28 et 29 juin, le calendrier va se préciser. S’engager sur la voie de la ratification serait tourner le dos aux aspirations de la majorité, ce serait se rendre prisonniers d’un carcan qui s’oppose à toute possibilité de défendre les intérêts du peuple. En revanche, nous savons que l’unité réalisée entre toutes les forces attachées à s’y opposer peut conduire à empêcher ce véritable coup porté à la démocratie, à la souveraineté et aux droits ouvriers et démocratiques.
Rien n’est joué. Nous voyons déjà en Allemagne le président du puissant syndicat Ver.di et celui du syndicat des enseignants s’adresser aux députés du Bundestag pour leur dire : ne ratifiez pas ce traité. Nous enregistrons dans notre propre pays les nombreuses positions qui vont dans ce sens. Nous voyons, dans toute l’Europe, de la Grèce à l’Espagne, les mobilisations des travailleurs. L’ancien président de la République portugaise, Mario Soares, n’a-t-il pas lui-même déclaré : « Aucun député socialiste, aucun socialiste ne peut ratifier cela ! » ?
Rien n’est joué. Tout est possible. Unissons nos forces pour empêcher la ratification du traité TSCG. Nous vous proposons de nous rencontrer au plus vite pour en débattre.
Paris, le 24 juin 2012 Les secrétaires nationaux Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun