Une réunion extraordinaire des ministres européens des Finances vient de se tenir à Bruxelles dans le but de finaliser les discussions sur le nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, dit de « Bâle III ».
Il doit à terme contraindre les banques à mettre en réserve des fonds propres représentant 7 % du montant des prêts qu’elles accordent, contre 2% jusqu’ici.
Deux camps se sont affrontés, en désaccord sur le degré de flexibilité accordé à chaque pays.
Un camp, mené par la Grande-Bretagne, réclamait de pouvoir exiger plus de fonds propres à ses banques, justifiant cette demande par la nécessité de ne pas revivre la crise de 2008.
En face, la France, l’Allemagne et d’autres pays demandaient les mêmes règles pour tous. Ils craignent que, si un pays est autorisé à durcir ses règles, il attire plus de capitaux que ses voisins. Tous, expliquent-ils, pourraient alors être contraints par les marchés de s’aligner sur ces normes plus sévères, ce qui risquerait d’assécher les crédits destinés à financer l’économie.
Le site Euractiv note que le conflit résulte avant tout d’une lutte pour l’influence et le pouvoir au sein d’un bloc ébranlé par la crise financière.
À l’issue de cette réunion houleuse prolongée bien au-delà de l’horaire prévu, un compromis a été trouvé hier matin : les États pourraient ajouter un « coussin » supplémentaire de fonds propres de 3 %, voire dans certains cas de 5 %, en plus des 7 % . Ce compromis doit encore être soumis à la prochaine réunion prévue le 15 mai.
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Pour le POI, il n’y a pas d’autre issue que de rompre avec l’Union européenne, annuler la dette et les traités européens et internationaux qui en garantissent le paiement, confisquer les avoirs des banques et briser le carcan imposé par la troïka (FMI-UE-BCE).
Le Parti ouvrier indépendant a adopté une position nette sur les activités bancaires. Dans son adresse aux travailleurs et à la jeunesse grecque, adoptée en octobre dernier lors de son Congrès extraordinaire, le POI déclarait: “Nous faisons nôtre l’appel lancé hier, devant des milliers de travailleurs et de jeunes, par la tribune du meeting internationaliste : sur tout le continent, combattre la dictature de la troïka et les plans de rigueur qu’elle dicte à des gouvernements de toutes couleurs politiques ; sur tout le continent, combattre toute soumission aux prétendus « impératifs » du remboursement de la dette et de la réduction des déficits publics, et donc combattre toutes les tentatives d’intégrer les organisations syndicales aux plans de rigueur de la troïka.“
Le Congrès poursuivait : “Une telle rupture est-elle possible, si le gouvernement issu de l’élection présidentielle de 2012, décide, pour ramener les déficits à 3 %, de tailler dans le budget de la nation à hauteur de 80 à 100 milliards d’euros, d’attaquer de nouveau les retraites, de liquider des centaines de milliers d’emplois dans les services publics, d’imposer un plan de rigueur d’une violence sans précédent, menaçant tout l’édifice des conquêtes sociales et démocratiques arrachées dans notre pays par la lutte de classe ?
Pas plus en France qu’en Grèce ou dans le reste de l’Europe, les travailleurs ne peuvent accepter les plans d’austérité, ni en 2011 ni en 2012. Les travailleurs veulent chasser une politique, un président, un gouvernement tout entiers au service de la classe capitaliste et de ses institutions. Mais ce n’est pas pour les remplacer par un autre président et un autre gouvernement qui appliqueraient en France les plans meurtriers des Zapatero et Papandréou ! Ce que veulent les travailleurs, c’est que soient prises les mesures d’urgence et de sauvegarde de la classe ouvrière et de la démocratie : interdire les licenciements, arrêter la RGPP (révision générale des politiques publiques), rétablir les centaines de milliers d’emplois supprimés dans les hôpitaux, écoles, bureaux de poste, arrêter les privatisations, renationaliser les services publics, rétablir la Sécurité sociale sur ses bases de 1945, abroger les contre-réformes, à commencer par celle des retraites, faire respecter la stricte séparation des églises et de l’Etat (et pour commencer le principe républicain : fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée).
Quel gouvernement aura la volonté — et s’en donnera les moyens — de prendre de telles mesures ? Un gouvernement qui aura l’audace de s’engager sur la voie de la rupture, d’annuler la dette et les traités européens et internationaux qui en garantissent le paiement, de confisquer les avoirs des banques et de briser le carcan imposé par la troïka (FMI-UE-BCE).”
◊ L’adresse complète du Congrès du POI aux travailleurs et à la jeunesse de Grèce est ici.
40000 travailleurs et jeunes ont déjà pris position. Signez vous aussi cet appel et faîtes-le connaître autour de vous. Proposons partout autour de nous la préparation dans l’unité d’une manifestation nationale pour dire NON à la ratification du Traité de Bruxelles dit “Super-Maastricht”, dit “Traité de la règle d’or” et autre “TSCG”.
Signatures à renvoyer au Comité départemental du POI ou bien au siège national:
Par la poste : POI 87 rue du Faubourg Saint-Denis 75010 Paris ou bien par e-mail [email protected]