” Comment le duel télévisé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy de mercredi soir, a-t-il été perçu par les candidats déclarés aux prochaines élections législatives, dans la cinquième circonscription de Lannion-Trégor? ” Le Télégramme leur a posé la question.
22 - 5e circ. des Côtes d’Armor - Lannion-Trégor - Denis Moulin (candidat du POI)
Denis Moulin (candidat du Parti ouvrier indépendant) répond, toujours dans le quotidien régional breton, le Télégramme :
Je n’ai pas regardé le débat. D’une part, je n’ai pas la télévision et d’autre part, cela ne m’intéresse pas: les arguments sont connus d’avance et ce type de rendez-vous n’a, selon moi, aucun effet sur le choix final des électeurs. Il ne suffit pas de changer d’homme politique, encore faut-il changer de politique et là, c’est pas gagné! François Hollande refuse de s’engager à ne pas ratifier un futur traité européen, encore plus contraignant que celui de Maastricht. La campagne législative se poursuivra sur ce thème. Le reste, c’est du blabla.
Pas un seul des autres candidats aux législatives sur la circonscription qui vont pourtant être invités à ratifier le Traité et à voter la règle d’or avant l’été n’ont dit même un seul mot sur ce Traité qui mène assurément les travailleurs et la jeunesse à l’étranglement. Est-ce là leur conception du mandat d’un député ? Qu’on en juge:
Corinne Erhel (Parti socialiste). Le débat était de bonne tenue, vraiment intéressant. François Hollande s’est montré convaincant sur le fond, comme sur la forme. Il a montré sa pleine capacité à endosser la fonction de chef d’État. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est resté sur son bilan, émettant très peu de propositions. Or, on n’est jamais élu sur un bilan. Les électeurs attendent du concret, sur la mise en oeuvre d’un programme mais aussi, sur la façon dont le candidat entend présider. L’intérêt de ce type de débat, c’est que ceux qui hésitaient ont pu voir clairement deux projets de société, l’un en face de l’autre. Qu’on parle économie ou vie de société, on a bien deux chemins, radicalement différents.
Claudine Féjean (Front de gauche). Du fait d’une réunion, j’ai pris le débat en cours de route. J’ai découvert en François Hollande des qualités que je ne lui connaissais pas: calme, précision, maîtrise de soi. Il connaît ses dossiers et m’a paru convaincant. De Nicolas Sarkozy, je dirais que son agressivité était maîtrisée. Mais il manquait d’arguments. En tant que communiste, j’attendais de François Hollande des réponses précises sur sa politique énergétique, l’intégration des immigrés, le social et le développement industriel. Globalement, je les ai eues. Je regrette néanmoins qu’on n’ait pas abordé certaines préoccupations quotidiennes des Français: la santé, le handicap, le logement.
Jeanne-Marie Fernagut (Front national). De retour de Paris où j’ai fêté le 1er-Mai, j’étais crevée et pour tout dire, je suis allée me coucher au bout d’une demi-heure de débat. Pour ce que j’en ai vu, c’était un débat technique, des sorties de chiffres contradictoires dont les Français n’ont que faire. Ce qu’ils demandent, les Français, c’est du travail et du pouvoir d’achat. Nicolas Sarkozy peut bien reprendre à son compte le programme de Marine (NDLR: Le Pen), il ne fera pas ce qu’il dit, notamment en terme d’immigration. Sinon, pourquoi n’a-t-il pas déjà mis ces mesures en oeuvre depuis qu’il est au pouvoir? Non, Hollande ou Sarkozy, pour moi, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.
Xaxier Lech’vien (UMP). Comme Nicolas Sarkozy, j’étais partisan d’au moins deux débats. Je reste sur ma faim. Deux heures trente d’échanges, c’était trop peu pour approfondir les questions économiques, que François Hollande a volontairement esquivées. J’ai trouvé Nicolas Sarkozy persuasif, à l’aise dans le débat. Il connaît les dossiers, dans les détails. À l’inverse, François Hollande a balancé des chiffres mais sans approfondir ses propositions en matière de réduction du déficit commercial, de gestion de la dette,etc. Normal: le projet socialiste est né de l’anti-sarkozysme, c’est un peu faible pour tenir la route. Comme l’a rappelé le président: la France est un pays ouvert. On ne pourra pas vivre dans une bulle au milieu de pays en difficulté.
Marie-Pascale Martin (Europe Écologie lesVerts). En tant que militante écologiste, je ne peux qu’être déçue. Je crois que le mot «écologie» n’a même pas été prononcé. En tout cas, les thématiques de l’écologie n’ont pas été abordées. Même quand les candidats ont débattu du nucléaire, c’était sous l’angle économique. Bref, je ne me suis pas retrouvée et je ne pense pas être la seule dans ce cas. Pour moi, le rendez-vous écologique n’a pas eu lieu dans cette élection. Il y a des accords nationaux pour le deuxième tour. À titre personnel, je ne souhaite pas exprimer d’avis sur la prestation de l’un et l’autre candidat durant ce débat.
L’article intégral du Télégramme est ici
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