Depuis douze semaines, 170 000 étudiants québécois sont en grève et ont manifesté à plusieurs reprises à Montréal en scandant : « on veut étudier pas s’endetter ». En cause, une hausse de 75 % sur cinq ans des frais d’inscription dans les universités. À la prochaine rentrée, ces droits passeraient de l’équivalent de 1 515 euros à 1 670 par an. Le mouvement a déclenché un débat politique sur la gratuité de l’enseignement, qui déstabilise le gouvernement.
En Angleterre, l’explosion des droits d’inscription à l’université avait déjà entraîné une mobilisation sans précédant des étudiants, en 2010. Pour la rentrée 2012, les droits d’inscription peuvent varier entre 3 600 et 10 600 euros.
En Espagne, le gouvernement, en vertu des exigences du plan d’austérité défini en commun dans le cadre de l’Union européenne, espère récupérer trois milliards d’euros dans les budgets de l’éducation. Pour y arriver, les régions devraient augmenter les frais d’inscription à l’université de 50 %. Le nombre d’étudiants par classe devrait en outre augmenter de 20 %.
En France, le vote de la loi d’autonomie des universités, en 2007, a ouvert la voie à l’augmentation des droits d’inscription. Un groupe de réflexion, Terra Nova, proche du Parti Socialiste s’est dit favorable à une augmentation, pour renflouer les caisses des universités. Pour le moment, les droits d’inscription sont de 177 euros en licence, 245 en master et 372 pour les doctorats. La conférence des présidents d’universités, réunie en février, a discuté des droits d’inscription, sans encore rien décider.