Le ministère du Logement a annoncé mardi que la construction de logements neufs a subi en mars un sérieux coup d’arrêt. Les mises en chantier ont dégringolé de 13%, pour la période allant de janvier à mars, par rapport à l’année dernière. Cette nette décélération, amorcée en février, est liée à la crise de la dette et à la diminution des aides publiques. Pour Pierre Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris–Ouest, la situation du secteur est « comparable à celle du début des années 1990, quand l’activité avait baissé sans perspectives de redémarrage à un horizon rapproché. Ce n’est pas conjoncturel. »
Les ventes de logements neufs ont, elles, chuté de 10,5% en 2011, avait déjà annoncé le ministère fin février. « C’est le reflet d’une crise plus profonde, avec la dette, un soutien public défaillant et un marché du crédit à la peine », relève M. Mouillart. La baisse de l’octroi de nouveaux crédits à l’immobilier pourrait atteindre 20% en 2012, a indiqué le 12 avril l’agence Standart and Poor’s.
Ce ralentissement touche tous les types de logements, et en particulier le logement social : « La construction de collectifs sociaux souffre aussi, avec des collectivités locales mal en point financièrement, le 1% raboté, et des bailleurs sociaux qui se retrouvent dans la même situation que les autres acteurs du secteur », ajoute M. Mouillart. Les mises en chantier de logements collectifs sont passées de 72 602 au dernier trimestre 2011 à 43 834 au premier trimestre 2012.