La présidente de l’Argentine Cristina Kirchner a annoncé lundi la décision du gouvernement de prendre le contrôle de la compagnie pétrolière YPF, filiale de l’espagnole Repsol, estimant que cette compagnie ne développe pas assez les investissements. Cette firme assure 52% du raffinage, et possède 1 600 stations services.
Pour la présidente argentine, il ne s’agit pas d’une nationalisation mais d’une récupération. L’État rachètera 51% de la compagnie, qui avait été privatisée en 1992. La valeur des actions sera déterminée par le Tribunal national d’évaluations.
L’annonce a suscité des protestations. Le gouvernement espagnol estime qu’elle « rompt le climat d’amitié » entre Espagne et Argentine et que c’est une « agression qui rompt le principe de sécurité juridique ». Pour Repsol, il s’agit d’un acte « illégal ». La compagnie va entreprendre les démarches juridiques pour le faire échouer.
Hillary Clinton a déclaré qu’« un marché ouvert de l’énergie et des infrastructures est le meilleur modèle de compétence et d’accès au marché ». La Commission européenne appelle l’Argentine « à protéger les investissements étrangers sur son sol ».
Cette mesure fait suite à une série d’expropriations partielles, après les privatisations des années 1989-99, sous la présidence de Carlos Menem, qui avait conduit l’Argentine à la faillite. L’État a repris le contrôle de la Poste, de l’Eau (attribuée à Suez en 1993), des retraites, des compagnes aériennes, d’un chantier naval, etc., entre 2003 et 2008.