Le Portugal est devenu vendredi le deuxième pays de l’Union Européenne, après la Grèce (le 28 mars), à ratifier par voie parlementaire le pacte budgétaire européen, instrument de discipline et de rigueur dans le cadre de la crise de la dette.
Le parlement a aussi approuvé le Mécanisme européen de stabilité (MES), prétendant soutenir les pays de la zone euro qui, comme le Portugal, connaissent des difficultés financières.
Le pacte instaure des sanctions quasi-automatiques en cas de dérapages des déficits publics (lire l’analyse complète dans le numéro-spécial d’Informations Ouvrières consacré au traité « Super Maastricht »)
Le Portugal doit déjà faire face à une dette publique, actuellement 110 %, du PIB et qui pourrait atteindre 115 % à la fin de l’année. Les mesures d’austérité ont plongé le pays dans la récession. Selon les prévisions, l’économie portugaise devrait se contracter cette année de plus de 3 % du PIB et le chômage dépasser les 14 %.
Apparemment, le vote n’a posé aucun problème : la majorité de droite a été soutenue par l’opposition socialiste, à l’exception de deux députés.
Le pacte budgétaire « représente notre refus de répéter les erreurs du passé », a déclaré, lors du débat parlementaire, le Premier ministre Pedro Passos Coelho.
« C’est au nom de l’option européenne du Portugal que nous voterons favorablement », a dit le chef du Parti socialiste. Mais cette position se heurte au rejet de l’austérité par la population et déclenche une crise dans le PS portugais.
A lire dans Informations Ouvrières du 12 avril, ce vote intervient dans une situation où la résistance de la classe ouvrière s’est manifestée dans la grève du 22 mars - bien que non unanimement suivie compte tenu de la division et de l’absence d’objectif clair - qui a entraîné une crise ouverte dans le Parti socialiste portugais. Mario Soares principal dirigeant historique a appelé à ne pas ratifier le traité et un député PS vice président du groupe parlementaire a démissionné.