Travailleurs migrants et « intérimaires » à vie ? Une forme particulière de l’intérim (l’intérim « inversé ») et le développement des agences de placement ont fait pièces des contrats de travail après l’entrée en vigueur en 2008 de la loi sur le contrat de travail en Chine. La Lettre d’information de la Commission Enquête Chine (numéro de mars) citant une enquête de journaux chinois révèle que beaucoup d’employeurs ont cherché à se débarrasser de leurs salariés pour se défaire des contraintes du contrat de travail.
Les patrons leur demandaient de signer un contrat de travail avec des agences de placement pour pouvoir retrouver leur poste dans l’entreprise. Cela a contribué à une forte augmentation des conflits du travail. L’employeur est le plus souvent une entreprise ou une administration publique.
En mars 2011, une enquête menée à Shanghai avec des représentants syndicaux, patronaux et de l’administration du travail avait révélé l’existence de près d’un millier de sociétés d’intérim (ou agences de placement), de 40 000 entreprises utilisant ces agences et de un million d’ouvriers sous ce statut d’intérim. « L’immense majorité des ces agences sont gérées par des amis ou des membres de la famille d’officiels de l’administration du Travail et de la Sécurité sociale », dit un directeur au ministère de l’Emploi. Dans un rapport d’enquête sur le travail intérimaire établi par le syndicat officiel fin 2010, il était indiqué que le nombre d’« intérimaires » s’élève déjà à 60 millions.
>>> Lettre d’information de la Commission Enquête Chine
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