Espagne : le gouvernement retire encore dix milliards à la santé et à l’éducation

Le gouvernement espagnol a annoncé lundi qu’il prévoyait d’économiser dix milliards d’euros supplémentaires sur les dépenses de santé et d’éducation. Il avait déjà présenté pour 2012 un budget de rigueur historique (27 milliards de réduction des dépenses publiques) pour satisfaire aux exigences du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), en cours de ratification.

Ces réductions seront « supportées à la fois par les régions autonomes et le gouvernement central », a affirmé un porte-parole du gouvernement.

Le déficit prévu en 2012 (5,3% du PIB) n’était pas conforme aux exigences de la troïka formée par l’Union européenne (UE), la Banque Centrale Européenne et le FMI. Le gouvernement avait demandé un délai pour atteindre l’objectif. Les coupes de 27 milliards et la réforme du code du travail facilitant les licenciements avaient conduit à une grève générale le 29 mars.

Cette nouvelle annonce répond à la pression de l’UE pour accélérer le retour à l’équilibre dans le cadre du TSCG.

Ces coupes doivent être mises au point début mai par concertation entre les régions et le gouvernement. En effet, selon la répartition des compétences, les régions sont chargées de la santé et de l’éducation. À la dernière rentrée, des grèves ont éclaté dans l’enseignement contre les restrictions budgétaires.

Le gouvernement prévient les régions, dont certaines sont dirigées par les socialistes, que « si elles ne s’impliquent pas on ne pourra pas réaliser ces économies ».

Cette annonce du gouvernement espagnol intervient quelques jours à peine après la puissante grève générale appelée par l’UGT et les Commissions ouvrières CCOO. Le lecteur se référera avec intérêt à l’analyse de la situation en Espagne telle que l’exprime les militants ouvriers interviewés par le Journal du POI, Informations Ouvrières.

Ainsi Jordi Salvador Duch, secrétaire de l’UGT de Tarragone commente les événements: “Les travailleurs sont conscients de la gravité de la situation. On ne peut pas faire marche arrière. Nous avons réussi à Tarragone que toutes les organisations défilent avec et derrière les syndicats. C’est l’unité qu’il faut forger partout, et d’abord pour imposer le retrait de la réforme.”

Il venait de préciser l’état d’esprit des grévistes: “Parmi les travailleurs, le sentiment est clair : il faut en finir avec tous les plans d’ajustement imposés par l’Union européenne et le FMI, et avec le nouveau budget que le gouvernement prépare.”

Et de souligner encore: “Mais une autre chose commence à surgir : ce Parlement n’a aucune souveraineté. Tout est dicté par Bruxelles. De là l’exigence de combattre la ratification du nouveau traité.”

Leur combat n’est-il pas le nôtre ?

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Catégories: ENSEIGNEMENT, Espagne, SANTE

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