Dans une interview au Journal du Dimanche, hier, M. Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, entre dans la campagne électorale en déclarant que « pour résorber le déficit, il faut privilégier la baisse des dépenses publiques plutôt que de recourir massivement à l’impôt », dans un pays où « les dépenses collectives dépassent 55 % du PIB ».
Il affirme que « la vraie maladie, c’est notre incapacité à réformer nos organisations collectives, toutes déficitaires » et qu’il faudrait « une seconde “ règle d’or ”, selon laquelle (…) 70 % devraient provenir de la baisse des dépenses et seulement 30 % de la hausse des prélèvements ».
M. Kessler, qui fut à la tête de la Fédération française des sociétés d’assurances et préside aujourd’hui une société de réassurance qui garantit les assurances elles-mêmes, juge que « la dette contractée n’a pas été utilisée à bon escient » car « c’est à l’État, aux organismes sociaux et aux collectivités locales de faire l’essentiel de l’effort. Ce sont eux qui sont responsables de la dette ».
Il faudrait donc « que ce soit la même administration qui prélève les impôts et les cotisations et qui distribue les prestations sociales, et qu’elle fasse preuve de la même rigueur lorsqu’il s’agit d’accorder un transfert social que lorsqu’il s’agit de vérifier un impôt ». Il est urgent, ajoute-t-il, « de rebâtir un système où l’on sait qui paye quoi, à quel titre et avec quelles contreparties, et qui reçoit quoi, à quel titre et avec quelles contreparties ».