Près de quatre-vingts écoles publiques de Hongrie ont été cédées récemment à des institutions religieuses, la plupart catholiques. Il s’agit d’écoles maternelles, primaires, secondaires, de collèges, ou établissements techniques ou artistiques.
« L’Église catholique a augmenté le nombre de ses institutions scolaires de 20%, l’Église évangéliste de 13% et l’Église réformée de 10% », selon les chiffres du ministère des Ressources nationales, responsable pour l’éducation en Hongrie.
Ce pays, à la suite de la crise économique et financière en 2008-2009, a recouru à un crédit de vingt milliards d’euros de l’UE (Union européenne) et du Fonds monétaire international (FMI). Les conditions d’un nouveau crédit sont en discussion.
Déjà, beaucoup de municipalités n’ont plus les moyens d’entretenir leurs écoles. Certains parents sont confrontés au fait que l’unique école de leur commune est devenue un établissement religieux. La prière y est désormais de rigueur et l’enseignement se conforme aux conceptions chrétiennes.
Interrogé par l’AFP, Istvan, jeune de 19 ans souligne qu’il y a « des enfants juifs et arabes aussi, pourquoi devraient-ils aller à la messe ? » et considère que la « religion de chacun devrait rester quelque chose de privé ».
« Selon la Constitution, l’État doit garantir l’éducation primaire et cela d’une manière neutre idéologiquement », a indiqué le Superviseur des droits à l’éducation, Lajos Aáry-Tamás, qui envisage comme solution des classes séparées dans un même bâtiment.