Hier devait se réunir le comité technique ministériel (CTPM) de l’Éducation nationale. À l’ordre du jour, le projet de réforme de l’évaluation des professeurs. Les fédérations syndicales FSU, UNSA-Éducation, FO, CGT et SUD qui demandent le retrait de ce projet ont décidé « de ne pas siéger ». Faute de quorum le CTPM n’a donc pas pu se tenir et a été renvoyé par le ministère au 15 mars.
Jusqu’alors, les professeurs avaient une double notation : administrative par le chef d’établissement, et pédagogique, la plus importante, par l’inspecteur régional, formé dans la discipline des enseignants qu’il inspecte. Le projet gouvernemental prévoit que l’évaluation serait réalisée par le seul chef d’établissement à l’occasion d’un entretien tous les trois ans.

Manifestation de parents et d'enseignants à Paris pour exiger l'annulation des fermetures de classe annoncées pour la rentrée 2012-2013.
Le président de la République, lors de ses vœux, avait présenté son projet pour les enseignants : travailler plus, enseigner moins, au bénéfice de multiples tâches d’animation, d’orientation, de suivi, de garderie, de mise en œuvre de « projets ».
Cette réforme remplacerait le statut national (fixé par un décret de 1950) qui définit les droits et obligations de tous, par des lettres de mission individuelles que déciderait le chef d’établissement dans le cadre de son projet d’établissement. Les syndicats y voient une étape significative dans l’autonomie des établissements, qui met en danger l’égalité de tous les élèves, sur tout le territoire, devant l’instruction, dans une logique de privatisation, à l’œuvre dans les services publics.