
NON AU TRAITE DE BRUXELLES (SUPER-MAASTRICHT) !
Il ne doit pas être ratifié !
• Le 2 mars, vingt-cinq chefs d’Etat et de gouvernement ont signé un nouveau traité européen (TSCG : traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire)
• Ce nouveau traité de Bruxelles reprend tout le traité de Maastricht, mais en pire ! La presse l’a baptisé « nouveau pacte de discipline budgétaire». Discipline ? Le traité impose l’adoption de la « règle d’or » sur l’équilibre des finances publiques « de préférence en les inscrivant dans la Constitution »
• Il prévoit des « corrections automatiques » et la comparution devant la Cour européenne de justice en cas de non respect.
• Il impose de réduire d’au moins 5 % par an la dette publique lorsqu’elle dépasse 60 % du PIB. Pour la France, cela représenterait 90 milliards d’euros par an, bien plus que le budget de l’Education nationale ! Et « en cas de déficit excessif », il oblige à adopter un programme de « réformes structurelles »: privatisations, déréglementation, démantèlement des régimes de protection sociale et du Code du travail, baisse des salaires et des retraites… Ces réformes structurelles devront être approuvées par la Commission européenne qui en contrôlera directement l’exécution.
C’est une véritable dictature que veut imposer ce traité
• Que resterait-il de la souveraineté des nations et de la démocratie ? Quelle place y aurait-il pour les organisations syndicales ? Que deviendraient les droits ouvriers ? Ce que le traité de Bruxelles veut imposer, ce sont des mesures de destruction qui provoqueraient en France, et dans tous les pays concernés, un chaos pire que ce qui se passe en Grèce aujourd’hui. Le POI l’affirme solennellement : en France comme en Grèce et dans tous les pays, les travailleurs et les peuples sont fondés en toutes circonstances à combattre pour repousser les plans de misère et de déchéance.
• Le 2 mars, quelques semaines avant l’élection présidentielle et les élections législatives, Sarkozy a donc signé ce traité au nom de la France. Trois jours plus tôt, au Sénat, le Parti socialiste, pourtant majoritaire, s’est abstenu—et on ne peut que le regretter — lors du vote sur le traité européen de stabilité (MES) qui met en place un FMI dans toute l’Europe. Cette abstention a permis ainsi à la minorité UMP au Sénat de faire passer ce traité qui est lui-même relié au traité de Bruxelles.
Signé le 2mars, le traité de Bruxelles devrait être soumis à ratification en France après les élections
• Le Parti ouvrier indépendant a fait le choix de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle afin de manifester son rejet des institutions antidémocratiques de la Ve République et de l’Union européenne. Au-delà des différences sur ce point, le Parti ouvrier indépendant et ses 103 candidats aux élections législatives — tous porteurs d’une volonté de rupture avec l’Union européenne et d’annulation de la dette — s’adressent aux candidats du Parti socialiste, et s’adressent également aux candidats du Front de gauche (dont les représentants ont voté contre le MES).
Plus généralement, le POI s’adresse à tous ceux qui veulent chasser Sarkozy et sa politique :
« Chacun le sait : le peuple français, lors du référendum de 2005, a rejeté le traité constitutionnel dont toutes les dispositions, aggravées, sont reprises dans le traité de Bruxelles. Il est une évidence : pour que la politique mise en oeuvre demain réponde, même partiellement, aux besoins de la population laborieuse et de la démocratie, il faut commencer par empêcher la dictature de “superMaastricht”. »
Le POI lance un appel à réaliser partout l’unité, sans préalable ni condition, sur cette question qui prime toutes les autres : unité pour bloquer ce traité !
Nous affirmons solennellement, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle et des élections législatives : le traité de Bruxelles ne doit pas être ratifié !
Claude JENET, Daniel GLUCKSTEIN, Gérard SCHIVARDI, Jean MARKUN,
secrétaires nationaux du POI
L’appel soumis à la plus large signature des travailleurs et militants de toutes tendances par la direction du POI est disponible ICI.
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“Nous disposons de quatre mois”
Editorial de Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI, dans Informations Ouvrières du 8 mars 2012
« Dans la Ve République, il n’y a pas de place pour la lutte des classes » (Sarkozy, 3 mars). «Le président de la République ne peut pas réussir seul (…), il aura besoin des corps intermédiaires », notamment « les collectivités locales et les syndicats » (Hollande, 2 mars). N’en déplaise à Sarkozy, reconnaître la lutte de classe, c’est reconnaître qu’il existe des intérêts sociaux contradictoires dans la société, et que les organisations ouvrières sont libres de défendre les intérêts particuliers des travailleurs. N’en déplaise à Hollande, un syndicat ouvrier n’est pas un corps intermédiaire : son rôle n’est pas de gouverner, mais, face aux patrons et à l’Etat, de porter les revendications des salariés. N’en déplaise aux uns et aux autres, la démocratie politique suppose le droit imprescriptible des travailleurs de disposer d’organisations, politiques et syndicales, attachées à la seule défense de leurs intérêts particuliers.
A l’heure où grandit l’aspiration populaire à chasser Sarkozy, comment comprendre que son principal adversaire, membre du Parti socialiste, s’inscrive (sous une forme certes différente) dans un même schéma corporatiste propre à la Ve République, se fixant d’enchaîner les syndicats à l’Etat ?
Le jour même où ces propos étaient tenus, on apprenait qu’en deux mois (du 21 décembre au 29 février), la Banque centrale européenne avait prêté 1 018,5 milliards d’euros à 1 023 banques européennes ! Dans quel but ? Selon le journal Les Echos, les banques peuvent, « en empruntant à 1 % auprès de la BCE (…) acheter des obligations italiennes (…) servant 2,1 % d’intérêts ». Donc : les banques continuent à s’engraisser aux dépens des finances publiques des Etats, et cela grâce à l’argent bon marché prêté par la BCE… elle-même alimentée par les finances publiques ! Jusqu’à quand ? Les Echos s’inquiètent : « Reste une inconnue à l’horizon de trois ans : comment les banques vont-elles pouvoir rembourser les 1 000 milliards empruntés à la BCE ? » Comment vont-elles rembourser ? Ou comment préparent-elles une nouvelle bulle spéculative au nom de laquelle on exigera des travailleurs et des peuples les pires sacrifices ?
Là, on en arrive au fameux traité de Bruxelles sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Pour que banquiers et spéculateurs continuent à se renflouer avec les fonds publics, il faut que puissent s’imposer des politiques d’austérité d’une brutalité sans précédent. D’où l’inscription dans la Constitution de la fameuse « règle d’or » qui, de fait, rendrait anticonstitutionnelle toute action syndicale revendicative.
Depuis une semaine, le Parti ouvrier indépendant a engagé une campagne pour dire non à la ratification du traité de Bruxelles. Sur les marchés, aux portes des entreprises, les travailleurs saisissent d’emblée l’enjeu. « C’est grave pour nos enfants », dit cette mère de famille. « C’est une véritable dictature qu’ils veulent imposer », dit ce jeune travailleur. Nous disposons de quatre mois pour organiser la mobilisation la plus large, recueillir par dizaines et dizaines de milliers les signatures des travailleurs et militants de toutes tendances qui diront : unité contre la ratification du traité !
A la marche au corporatisme, nous opposons la lutte de classe. A la menace de dictature supranationale, nous opposons la défense de la démocratie.
Lecteurs de notre journal, membres ou non de notre parti, venez participer aux assemblées-débats du Parti ouvrier indépendant. Nous y débattrons, nous y échangerons, et nous y organiserons la bataille contre la ratification du traité.