Chacun a pu voir à la télévision les images de ces milliers d’étudiants rassemblés le 9 décembre dernier devant le Parlement britannique alors que s’y votait l’augmentation à 9 000 livres (près de 11 000 euros) du plafond des frais d’inscription que les universités sont désormais autorisées à demander.
A Londres, à la veille de la manifestation du 9 décembre, le syndicat des cheminots, le RMT, publiait un communiqué : « Les étudiants protestent contre l’envolée des frais de scolarité et nous allons être à leurs côtés. Il est essentiel que le mouvement syndical apporte son soutien plein et entier aux protestations des étudiants. »
Différentes unions locales, comme celles de Barnet et d’Islington, à Londres, ainsi que des sections syndicales de services publics (GMB et UNISON) ont apporté leur soutien total aux étudiants.
La presse notait que, devant le Parlement, on pouvait remarquer de nombreuses bannières des différents syndicats.
“NOUS EN APPELONS AUX SYNDICATS ET AUX ORGANISATIONS POPULAIRES PARTOUT DANS LONDRES ET NOUS LEUR DEMANDONS DE NOUS REJOINDRE…”
Un certain nombre de personnalités, comme le journaliste John Pilger, les députés du Labour Jeremy Corbyn et John McDonnell, et des syndicalistes de l’enseignement supérieur ont pour leur part lancé un appel qui dit : « Nous en appelons aux syndicats et aux organisations populaires partout dans Londres et nous leur demandons de nous rejoindre et de rejoindre le combat des étudiants qui se battent pour notre avenir à tous. »
Ce sont donc 100 000 étudiants qui ont fait le siège du Parlement au mo - ment du vote.
La multiplication des provocations, ainsi que les brutalités dont la police s’est rendue coupable depuis le début du mouvement, il y a plus d’un mois, et de nouveau à cette occasion, témoignent de l’inquiétude que les premiers éléments de jonction entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier inspirent aux cercles dirigeants.
Cette inquiétude trouve malheureusement des relais à l’intérieur même du mouvement. Aaron Porter, le secrétaire général du NUS (syndicat étudiant), a refusé d’appeler à une grève nationale le jour du vote à la Chambre des communes. De fait, c’est contre la direction nationale du NUS qu’à Londres, et dans des dizaines de villes, des occupations d’universités et des manifestations ont été organisées, avec à chaque fois la recherche du soutien des syndicats ouvriers.
Bob Crow, secrétaire général du syndicat des cheminots RMT, définissait très clairement les conditions de la victoire contre le gouvernement de coalition : « Il faut que le mouvement syndical jette toutes ses forces pour soutenir les manifestations dans la semaine qui vient. Quand votre adversaire est en position de faiblesse, il ne faut pas lui donner le temps de se remettre, il faut mobiliser au maximum. »
C’est en effet toute la question.
Comme le dit un participant à la manifestation du 9, « le secrétaire général des TUC, Brendan Barber, a effectivement pris la parole devant le Parlement.
Ce soutien est vraiment le bienvenu. Il a prononcé des paroles déterminées. Mais il ne doit pas en rester là. Ce n’est pas avec une manifestation nationale prévue en mars prochain par les TUC qu’il mettra un coup d’arrêt à la destruction de l’enseignement supérieur, ainsi qu’à toutes les coupes budgétaires prévues par le gouvernement de coalition. »
Jean-Pierre Barrois