Plus de 100 000 manifestants à Dublin, le 27 novembre “L’Irlande n’est pas à vendre !”

extrait d’informations ouvrières n°126 du 2 decembre 2010

Plus de 100 00 personnes ont manifesté samedi 27 novembre, à Dublin, contre le quatrième plan d’austérité accepté par le gouvernement en échange de « l’aide » du FMI et de Bruxelles : le plan « d’économies » et de destruction le plus draconien jamais adopté en Irlande.

L’Irlande, ce pays qui a si chèrement conquis son indépendance il y a moins d’un siècle, vient de passer sous la tutelle du Fonds monétaire international et de l’Union européenne. L’effondrement de son système bancaire, miné par la spéculation immobilière, a phagocyté le budget de l’Etat venu à sa rescousse, gonflant démesurément sa dette. Et aujourd’hui, les « marchés financiers » exigent le paiement, par le sang de la nation irlandaise, des intérêts d’une dette creusée pour les renflouer !
Dublin prévoit ainsi de ramener son déficit à 3 % de son PIB, comme l’exige l’Union européenne, d’ici à 2014. Ce déficit s’est envolé à 32 % du PIB en raison des dizaines de milliards d’euros que l’Etat a déjà dû injecter dans ses banques afin de leur éviter la faillite après l’éclatement de la bulle immobilière.

Des quatre coins de l’île, ce 27 novembre, sont arrivés fonctionnaires, retraités, salariés, étudiants pour exprimer leur refus de payer la dette colossale d’un système bancaire responsable.

La mobilisation a été importante à l’échelle d’un pays de 4,5 millions d’habitants qui a déjà subi trois plans d’austérité depuis 2008. Dans la manifestation, de nombreuses pancartes : « Eire not for sale » (« L’Irlande n’est pas à vendre »). « Plusieurs de mes amis sont déjà partis. Il y a si peu d’emplois, si peu d’espoir en l’avenir. Le gouvernement a trahi ma génération, et maintenant, voici mon pays vendu au FMI », déclare une étudiante.

D’autres encore, cités par la presse française : « Il n’y a pas d’autre choix que de se battre, parce que ce qui nous attend, c’est la fermeture d’écoles, d’hôpitaux.
- Tout ce pour quoi nous avons travaillé a été perdu. Nos retraites sont réduites.
- Pour l’instant, j’ai encore un travail, mais pour combien de temps ? J’ai peur…
- On sauve les banquiers, pas l’Irlande. Mon fils de 31 ans a dû s’exiler en Australie parce qu’il ne trouvait pas de boulot ici.
»

Selon un récent sondage publié par le journal irlandais The Sunday Independant, 57 % des Irlandais souhaitent que Dublin ne rembourse plus ses dettes et deux tiers des personnes interrogées s’opposent aux mesures de rigueur.
Que déclare O’Connor, président d’un des principaux syndicats de l’île, qui appelait à la manifestation ?
Le nouveau plan, dit-il, est « une feuille de route vers l’âge de pierre et une déclaration de guerre contre les bas salaires (…) ».

Mais quelle conclusion en tire-t-il ? « Le sentiment d’injustice déjà très fort est accentué par ce nouveau plan, mais nous restons une organisation pro-européenne et attachée à la présence de l’Irlande dans la zone euro. » Pas question, donc, pour ce dirigeant, de remettre fondamentalement en cause les diktats de Bruxelles.

La direction de son syndicat, indique Libération (27 novembre), « considère que le nouveau plan d’ajustement pourrait causer la perte supplémentaire de 90 000 emplois sur une population active de 1,9 million de personnes et plaide pour que l’objectif de parvenir à 3 % de déficit public prévu en 2014 soit au moins étalé jusqu’à 2017 ».
Les travailleurs irlandais n’auraient-ils donc droit qu’à un délai de paiement ? Car il faudrait, envers et contre tout,accepter de payer pour les banques ?

Catégories: Archives d'IO, Arguments du POI, International, International (reprise), z*** Reprise de l'ancien site (janvier 2012)

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